Je blogue au Canada

Voyager, c’est bien utile, ça fait travailler l’imagination (L.-F. Céline)

De l’importance d’être unique

Classé dans : Non classé — 29 mars 2012 @ 18:28

De l'importance d'être unique DSC_0003-199x300

Dans la vie, c’est important de se différencier des autres. (Oui, j’ai décidé de reprendre ce blog par une phrase philosophique.)

On aimerait nous faire croire que nous ne sommes que des moutons, mais c’est faux. Enfin, soyons honnêtes : la bestiole à 4 pattes dans un champ avec un manteau de laine sur le dos et qui ne fait que bêler toute la journée, oui, clairement, c’est un mouton, quelle que soit sa volonté intérieure de se démarquer des autres. C’est comme ça, on vit dans un monde imparfait. Donc, nous, humains, deux jambes, deux bras, deux oreilles, deux yeux, un cerveau, tentons perpétuellement de lutter contre cette humiliante métaphore (s’il y a des moutons qui me lisent, qu’ils ne le prennent pas pour eux : le fait même que vous lisiez ces lignes prouve que vous êtes moins mouton que vous ne devriez. Ce qui, en soit, est quelque peu inquiétant, en y pensant bien…).

Certains y arrivent moins bien que d’autres (à se démarquer, pour ceux qui ne suivraient pas le fil conducteur de l’article, en raison d’un abus flagrant de parenthèses de la part de l’auteure).
Les rédacteurs de statuts Facebook météorologiques, par exemple : Marc, Julie, Antoine, Philippe, Elodie, Marie, Constance, et 164 de vos amis ont écrit : Ah, non, encore de la pluie, vivement le soleil ! (Bien sûr, la majorité de mes amis sont Belges.)
Ou les fans du dernier groupe à la mode : Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah, crient en choeur les 98 564 fans de One Direction qui les attendent devant leur hôtel.
Ou encore les gens qui photographient tous les écureuils qu’ils croisent, partout, dans toutes les situations (exception faite de la fois où ledit animal se nourrissait goulûment d’une apétissante couche-culotte usagée). Mais quelle plaie, quand en plus ils les partagent sur les réseaux sociaux…

Mais parfois, il suffit d’un détail. Un hobby étrange (faire des origamis avec des timbres postes ; connaître tout ce qu’il faut savoir sur des sujets aussi essentiels que la pêche du poisson-chat albinos, la fabrication des bâteaux-mouches ou l’évolution socio-économique de la République Démocratique de Ploutasie du Nord ; trouver des cartes à jouer dans la rue ; découper des mots dans des journaux ; etc.). Une expression langagière récurrente (« alors, du coup », « en fait », « wesh, bien ou bien ? », « rho putain la vaaaaaaaaaaaaaaaaaaache » ; etc.). Des goûts musicaux inhabituels (préférer Raphaël à Vincent Delerm, se pâmer sur toutes les chansons de Céline Dion ou ne remplir sa musicothèque qu’avec des comptines accessibles aux 5 ans et moins).

Ou un chapeau.

Un chapeau, ça suffit, parfois. Pourvu qu’il soit bien choisi. Qu’il attire suffisamment l’attention sans pour autant être ostentatoire. S’il fait bien à la personne, ça lui donnera tout de suite un plus dans son allure, son attitude. Yep, je deviens blogueuse mode.
Et, évidemment, ça permet de se différencier. De mettre en avant son côté « je ne suis pas comme tout le monde, j’ose porter un chapeau ». Tu deviens quelqu’un qui a eu le courage de faire le pas. Tu t’es assumé envers et contre tous. T’es un warrior. Tes amis t’admirent, te lancent des fleurs jaunes (mais en évitant de toucher le Chapeau, on ne sait jamais, ça a des pouvoirs, ce truc). Tu sens dans leurs yeux une lueur d’envie. Tu capotes, tu surkiffes grave, t’es au sommet.  Si t’avais un bateau, là, tout de suite, tu t’accrocherais à la proue et hurlerais au monde que t’es « the king/queen of the world ».

Du coup, tu deviens un modèle pour tes amis. Et là, c’est le drame : car qui dit modèle, dit imitation. Et c’est parti pour une virée « magasinage de chapeaux ». Récapitulons : tu ne veux pas être un mouton => tu veux te différencier par un petit détail, discret, mais qui marque la différence => tu fais l’acquisition d’un chapeau => tu es admiré => tes amis portent désormais un chapeau.

Etre unique à trois, est-ce « être unique » ?
Je ramasse les copies dans 3 heures.

Oh, et, le but de l’article ? J’ai un chapeau ! Mais pour le coup, c’est moi le mouton !

7 commentaires »

  1. Céline R dit :

    Les comptines accessibles c’est pour moi?

    Quel plaisir de te lire….
    Et Céline c’est pour …. gé?

  2. edith dit :

    Y a pas que les comptines pour toi Céline..je pense qu’il y a les écureuils.

  3. Céline R dit :

    Il y a elle aussi qui aime les ecureuils….

  4. Emi dit :

    Ca y est, j’ai encore capoté en te lisant, chapeau!
    Je lis « présentement » (puisque ça a l’air de te plaire), un article sur Vincent justement, je t’en donnerai des nouvelles.

  5. eli dit :

    hihi.
    J’aime bcp cet article ou la fin justifie le début.

    Je sous-entend être de cx qui réussissent à ne pas être mouton grâce à leur goût musicaux … m’enfin, j’adore Balimurphy, alors je ne sais pas si on n’arrive pas là au sujet de la dissertation proposée ;-)

  6. peter simiek dit :

    velmi dobře napsané, dobře udělal miluji.

  7. rani upanishad dit :

    बहुत अच्छी तरह से लिखा है, अच्छी तरह से किया मुझे प्यार है.

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