Je blogue au Canada

Voyager, c’est bien utile, ça fait travailler l’imagination (L.-F. Céline)

Archive pour novembre, 2011

Jamais !

Posté : 11 novembre, 2011 @ 10:21 dans Non classé | 10 commentaires »

C’est surprenant, Montréal. A chaque coin de rue, l’étonnement peut être au rendez-vous. A tel point que c’est même étonnant quand il n’y a rien d’étonnant. Oui. Les gens, le paysage, un magasin particulier, une expo inattendue, n’importe quoi. Et ça, c’est vraiment bien. C’est le propre d’une ville, qui plus est une capitale, je suppose, mais moi je suis à Montréal, je vais pas commencer à vous parler de Djibouti, vous voyez.

J’aime les surprises. C’est une des choses qui m’éclate le plus au monde. Mais comme je m’attends toujours à des surprises, soit je les devine d’avance ce qui ruine totalement le principe de base de la suprise ; soit je suis surprise de ne pas avoir droit à une surprise. Je le disais avec justesse à un collègue tout à l’heure : ma vie est triste et pathétique (et, pour me rebooster un coup, Céline Dion chante dans mes oreilles, en ce moment précis : « on ne change pas » (True story.) Ben merci, ça motive dis donc !). Par contre, ce que j’aime, ce sont les belles suprises. Celles qui font pousser des cris de joie. Celles qui voient naître des sourires radieux sur toutes les lèvres. Celles dont on se souvient pendant longtemps avec un incroyable bonheur. Celles-là. Juste celles-là.

Pourtant, parfois, la vie se moque de nous et nous prend à revers. La surprise est là, bien présente, indubitable, mais tellement, tellement décevante. C’est là que commence le sujet même de cet article, pour ceux qui en avaient marre de me voir tourner autor du pot : c’est bon, vous pouvez de nouveau être attentifs !

La province de Québec est surnommée, je suppose que vous le savez (sinon, faites comme si), la « Belle Province ». Alors, quand une chaîne de restos porte ce nom, ça ne peut qu’être un signe positif. Sérieusement, qui en douterait ? Des gens moins crédules que moi ? Heu, oui, sûrement…

Evidemment, ce n’est pas de la haute gastronomie au menu (c’est donc ce qui m’y a attirée) : hot-dogs, poutines, hamburgers, sandwichs à la viande fumée, etc. Très gras, peu cher : quoi de mieux ? On ne se méfie jamais assez, c’est là la leçon à retenir.

C’est par un jour a priori sans histoire que je franchis les portes d’une des succursales de cette franchise qui pullulent dans la ville. A ce moment, je ne me doutais pas encore de comment allait être chamboulée ma vie, seulement quinze minutes plus tard. C’est certain : il y a l’ère pré- et l’ère post-Belle Province. Comme de bien entendu, j’ai commandé un hot-dog, telle une pseudo-Montréalaise ; comme de bien entendu, j’ai commandé de la mayonnaise avec mes frites, telle une vraie Belge démasquée. Le calvaire débute ici.

Non, en fait, si j’y réfléchis bien, c’est quelques minutes plus tôt que j’aurais dû me douter de quelque chose : quand j’ai remarqué les taches parsemant le sol, la graisse sur le comptoir et cette atmosphère de vieux qui peut donner un charme typique à un endroit où lui conférer, au contraire, comme ici, un air sâle et peu engageant.
J’exagère. Peut-être. Peut-être pas.

Mais la faim me taraudait et je ne parvenais à me concentrer que sur l’odeur apétissante, malgré tout, qui se dégageait des fourneaux et me promettait une portion à pas moins de 1000 calories par bouchée. J’en salivais d’avance. Quand arriva mon plateau, rien ne me choqua a priori. C’est après avoir mordu dans mon hot-dog que je me suis interrogée sur le bien-fondé de prendre un repas, ce repas, dans cet endroit spécifique. En soi, le hot-dog n’était pas si pire, s’il n’avait pas été recouvert d’une couche épaisse de chou et d’oignons ayant macéré trop longtemps dans…on ne sait pas trop bien quoi, et on ne veut pas le savoir.
Irrécupérable optimiste, je décidai de me rabattre sur les frites. A coup sûr, elles allaient sauver ce repas ! Je ris encore de mon incroyables naïveté. Je n’arrive pas à déterminer combien de fois elles ont été plongées dans l’huile pour obtenir cette texture à la fois flasque de trop de graisse et sèche par l’abus de cuisson. Un mystère. Les plonger dans la mayonnaise pour en cacher le goût fut ma dernière erreur, mais non la moindre : était-ce sucré ? ou bien âcre ? ou bien un subtil mélange des deux ? J’ai préféré éviter d’en prendre une seconde bouchée et ne pourrai donc, malheureusement, vous éclairer sur ce point délicat. Mes excuses.

Est-il besoin de vous dire que ce sera là mon dernier repas dans cet antre infernal de la gastronomie québécoise ?

Oh, bien sûr, pour les besoins de cet article, j’ai noirci quelque peu le tableau. En réalité, le Pepsi était très bon.

Montréal est une gigantesque feuille d’érable

Posté : 9 novembre, 2011 @ 10:57 dans Non classé | 6 commentaires »

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L’automne à Montréal… Vous voyez, dans les livres d’enfants, quand l’auteur veut expliquer les quatre saisons ? L’hiver a ses tas de neige, le printemps, ses bourgeons ; l’été, son soleil éclatant et l’automne, ses couleurs chaudes et ses feuilles tombantes. Montréal, c’est un livre d’enfants grandeur nature : les quatre saisons se succèdent avec précision et apportent avec elles leur pack complet !

Les érables sont plus qu’un cliché : ici, c’est une réalité à laquelle on se retrouve confrontés à chaque pas. Ils bordent les trottoirs d’à peu près toutes les rues et sont incontournables dans les parcs. Leur feuillage change de couleur et le vert estival cède progressivement la place au rouge, au jaune, à l’orange. Parfois, toute une rue est dorée. Parfois, on a droit à un échantillon complet des tons possibles. J’ai beau faire, je ne peux m’en empêcher : je regarde en l’air à chaque pas avec un sourir émerveillé aux lèvres !

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Et bien sûr : les écureuils ! Je pense que je peux rester ici pendant des années, je continuerai à m’extasier dès que j’en verrai un. En ce moment, ils font des abris : ils descendent des arbres, plongent à pleines pattes dans le tapis de feuilles, en mettent autant qu’ils peuvent dans leur bouche, jettent un coup d’oeil furtif aux passants qui les observent et remontent aussi sec dans les arbres, leur butin aux lèvres, aussi haut qu’ils le peuvent, pour l’ajouter à tout ce qu’ils ont déjà accumulé et en faire une sorte de nid. Et ils redescendent, pour recommencer de plus belle. Moi aussi, je veux être un écureuil.

En automne, aussi, c’est presque Noël. Alors, tout le monde en parle. C’est dans l’air. On attend. On y pense déjà, mais sans trop s’en préoccuper. De toute manière, pas le choix, c’est omniprésent : les citrouilles d’Halloween ne sont pas encore toutes rentrées que les boules, guirlandes et Père Noël ont déjà fait leur apparition dans les magasins. Ca deviendra plus réel à la première chute de neige, qui semble prendre bien son temps cette année.

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Ah, tiens, un point négatif de l’automne à Montréal, quand même : les lacs. Ils sont vides. Tous. Quel bonheur indescriptible de se promener dans un parc, avec pour vue la surface lisse du béton recouverte d’algues en décomposition (mais, bien sûr, il suffit de tourner la tête pour voir une feuille d’érable orangée se détacher doucement de sa branche et en être évidemment fasciné (je suis une fille facile à contenter)) ! Evidemment, ce n’est pas pour le simple plaisir des yeux de touristes en perdition qu’ils assèchent tout ça : en hiver, il y a de la neige, ici. Beaucoup, beaucoup. Vous le saviez ? Donc, pour éviter des débordements, vider est la seule solution. De toute manière, ce qui est pour l’instant un désagrément va rapidement se transformer en un réel plaisir : les lacs vont devenir des patinoires sur lesquelles nous pourrons grâcieusement nous mouvoir, tels des cygnes borgnes adeptes de la vodka à toute heure. Si, exactement comme ça.

L’automne a un petit côté nostalgique, quand même. Je pourrais m’allonger sur le canapé délicieusement confortable de cet appartement avec lequel je suis tombée en amour et vous trouver à cela des raisons multiples, quelconques et hautement psychanalytiques : le retour aux plaisirs simples de l’enfance qui se rappellent à nous en shootant dans les feuilles, les herbiers que l’on devait réaliser à chaque année, les feuilles qui se laissent glisser des arbres tels les ans qui glissent des branches de la vie (ça ne veut rien dire et c’est extrêmement pompeux, mais supprimer cette phrase en appuyant sans émotion sur « delete » serait, je pense, de la plus intense vulgarité. N’est-il pas ?), bref, tout ça.
Mais en fait, ça fait juste 4 mois que je suis là, et vous me manquez.

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