Je blogue au Canada

Voyager, c’est bien utile, ça fait travailler l’imagination (L.-F. Céline)

J’ai blogué au Canada

Classé dans : Non classé — 25 juillet, 2012 @ 11:49

Dans la vie, moi, j’aime les boîtes. Les boîtes dedans lesquelles tu peux ranger plein de trucs. J’adore les boîtes, surtout celles en fer, genre usées, que ça fait des années qu’elles sont dans ta famille et que finalement tu vends sur une brocante parce que t’en as marre que ça encombre chez toi et que t’espères bien trouver un imbécile qui va payer ça 8,5 euros pour que ça encombre sa maison. En l’occurence, l’imbécile, souvent, c’est moi. J’ai des grandes, des petites, des abîmées, des neuves, des à thé, des à bonbons, des à café, des en carton, des à tabac, des de tout. J’en ai des vides, aussi, des que j’ai pas encore trouvé ce que j’allais mettre dedans, mais j’ai un adage très personnel (et assez simple) : une boîte, ça se remplit toujours. Pis c’est beau (pis ça prend la poussière).

Quand on la remplit, une boîte, on a l’impression que ce sont des trésors, des trucs inestimables. Ca, c’est le ticket de ce concert où le chanteur m’a souri, de loin, négligeant les 1250 paires d’yeux entre lui et moi. Ca, c’est un trombone que j’ai trouvé dans la rue le jour où j’ai percé mes oreilles pour la première fois. Ca, c’est une photo un peu ratée mais si tu plisses les yeux et prends une loupe, tu peux voir un superbe spécimen de fleur extrêmement rare dans le coin inférieur droit, pris pendant mes vacances à Capri. Inestimable, quoi.

En fait, dans une boîte, tu mets les souvenirs que tu ne veux pas oublier. Tu as trouvé ces moments beaux et importants pour ta vie. Ils font partie de ton histoire et c’est donc normal que tu veuilles t’en rappeler toujours.

La question est : s’ils sont si beaux et importants, ces moments, as-tu vraiment besoin d’une boîte pleine de vieux bouts de papier et de trucs rouillés pour t’en souvenir ?

Ca sonne comme une hérésie pour moi, cette phrase. Une pensée que je n’aurais jamais osée effleurer du bout de mon esprit il y a un peu plus d’un an. La preuve en est, justement, l’amoncellement de boîtes qui m’entoure présentement.

Puis, je suis rentrée de Montréal. Définitivement (ou, en tout cas, temporairement à long terme). J’avais un an de vie là-bas dans deux gros sacs et des poussières, mais des tonnes de souvenirs en tête. Je me suis posée à mon bureau. J’ai ouvert les tiroirs. J’ai trouvé des boîtes. Et j’ai souri. Parce que j’ai dû faire des efforts pour me rappeler les souvenirs qui se rattachaient aux objets et que, finalement, c’est pas ceux-là que j’avais à l’esprit pendant ces quelques mois. Je m’en rappelais d’autres bien plus drôles, bien plus importants, bien plus émouvants, bien plus représentatifs de telle ou telle relation.

Tout ça pour dire quoi ?

Tout ça pour dire que je vais faire du tri dans mes boîtes.
Et, spécialement, tout ça pour dire qu’il est hors de question que je mette Montréal dans une boîte. Déjà, parce que je n’en ai pas d’assez grande pour contenir le Mont-Royal, le Vieux-Port ou la rue Sainte-Catherine. Et je ne veux pas, dans quelques années, ouvrir une boîte et me demander : c’est quoi, encore, ça ? Quand je ne pourrai plus me rappeler d’un endroit, d’un nom, d’une odeur, d’un goût, ou du visage d’un ami qui aura disparu de Facebook, y a pas de problème : je prendrai l’avion.

Alors voilà, j’ai blogué au Canada, pendant un an, en suivant un rythme quelque peu aléatoire, j’en conviens… Mais j’ai aimé ça, partager, de temps à autres, quelques petits souvenirs avec vous au lieu de les enfermer dans des boîtes.

Et pis, si je me décide à continuer à écrire des phrases kilométriques et sans queue ni tête sur un autre sujet que le Canada, je viendrai peut-être par ici vous le dire.

En tout cas, merci à vous. Vous avez été des lecteurs très attentifs. :-)
Et merci pour vos retours, tout au long de l’année, qui m’ont encouragée et m’ont donné l’envie de davantage continuer dans cette voie.

A bientôt, tous.
A bientôt, Montréal.

MOTAMO

Classé dans : Non classé — 18 avril, 2012 @ 10:46

J’aimerais collectionner les mots. J’adore les mots. Je voudrais pouvoir les ranger dans des boîtes, les classer et aller y trifouiller quand bon me semble. J’aimes les agencer les uns avec les autres, obtenir des sonorités étranges et créer des histoires en les alignant en phrases. Les mots évoluent, mais les mots sont fidèles. J’ai mes mots préférés : j’aime « bonhommie », « gentilhomme », « onctuosité », « féminité ». Mais malgré tout, il y a des mots qui me plaisent moins, comme « hérésie », « ordurier », « strapontin ».

Mais il y a pire. Une abomination suprême. L’immondissime invention qui fait honte à la nature humaine. Seulement deux petites lettres. Des voyelles minuscules et tendres qui doivent supporter le poids de l’humiliation. Juste deux lettres. Pour un mot. « Ou ».

Existe-t-il plus infâme que cette unique syllabe, a priori sans histoire et dont personne ne se méfie ? Soyez vigilants, amis, car derrière cette angélique facette se cache l’enfer de l’Incertitude. Avec le « ou », c’est le royaume du Choix qui ouvre ses portes devant nous. Une multitude de possibilités et de déchirements simplement contenus dans ce « o » et ce « u » qui n’ont rien demandé à personne. Combien de cheveux ont été arrachés en entendant prononcer ce mot fatidique ? Combien d’expressions d’effroi sont nées sur de pauvres visages innocents ? Combien de vies brisées ? Et pour combien de temps encore ?

Ne niez pas. Ne faites pas semblant. Il n’y a rien de honteux à, vous aussi, subir la dicature du « ou ». Nous sommes des victimes ! Nous n’avons rien à nous faire pardonner ! Lui seul est coupable de tous ces tourments causés à notre tranquilité et notre quiétude. Notre esprit est perverti par l’agitation et le doute depuis que nous avons pris conscience de toute la force et l’absence de limites du vicieux « ou ».

C’est bien à cause de LUI - et de lui uniquement – que nous sommes forcés de procéder à des choix. Pouah. Des choix. Le deuxième pire mot du dictionnaire. Cette obligation de forcément renoncer à un désir, toujours aussi profond que l’autre, condamne l’Humain à subir la constante menace de la fameuse épée de Damoclès. De son premier à son dernier cri, depuis le lever de paupière matinal à l’extinction des lumières le soir, nous ne sommes que des machines à choix : thé ou café ? – jeans ou jupe ? – bus ou vélo ? – gauche ou droite ? – grand capuccino ou petit latté ? – poulet à 5.75$ ou steak à 6.25$ ? Et encore, ça, c’est le quotidien, les trucs de base, la routine. Alors, tu penses que c’est pas important. Tu crois que ça ne va pas te changer la vie. Tu mises sur la simplicité et choisis le petit latté. Et tu rates ta vie.

Hypothèse : tu prends le petit latté. Tu sors du café. Tu retrouves ta vie, ton chum, ta job. That’s it.
Hypothèse 2 : tu prends le grand capuccino. Ca met plus de temps. Tu patientes. Tu discutes avec la gentille vendeuse. Dans la conversation, tu mentionnes que tu aimerais évoluer, changer de carrière. L’homme derrière toi, qui a fait le choix de 2 croissants et un moyen jus d’orange, surprend quelques bribes. Justement, il cherche une nouvelle assistante de direction. Vous parlez. Vous sympathisez. Tu fais un essai. Le boulot te plait, tu plais au boulot, un nouveau chemin s’ouvre à toi. Tu évolues dans ta vie, tu grandis, tu t’épanouis. Tu as changé, tu largues ton chum, qui se trouve une autre blonde avec qui il part construire des orphelinats dans le tiers-monde. Tu rencontres un client, qui te fait battre le coeur plus vite. Vous vous revoyez, souvent, pour parler de votre dossier, de votre boulot, de votre vie. Six mois plus tard, tu cours dans ses bras avec un test de grossesse positif.
Parce que, un jour, tu as pris un grand cappuccino alors que tu aurais pu te contenter d’un petit latté, tu as permis à des enfants du bout du monde d’avoir un toît et des parents, et te voilà la mère d’une adorable Juliette.

Mais le pire, dans tout ça, c’est que l’inverse aurait pu être correct, également. Je veux dire : on ne peut jamais savoir. C’est ça, la fourberie du « ou ». Tu fais un choix, d’abord. Tu as conscience des conséquences, après.

Moi, plus tard, je veux vivre dans ce film de Jaco van Dormael, Mr Nobody, où chaque choix du héros nous montre une histoire différente.
Je veux connaître toutes mes histoires.

(Bien sûr, y a pas de photo, j’ai pas été capable de choisir.)

Y a d’la joie…

Classé dans : Non classé — 11 avril, 2012 @ 10:24

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S’il y a bien un domaine dans lequel je suis une professionnelle, ce sont mes clients. Ouais, dit de même, c’est vraiment weird, mais laisse faire. Ca fait un temps que je bosse dans la vente et y a pas à hésiter : les clients sont la pire invention de l’histoire du commerce. Qui a décrété qu’ils étaient essentiels ? Sans eux, les employés se sentiraient moins agressés, les patrons ne subiraient plus leurs caprices et tout le monde vivrait heureux et satisfait au pays des Câlinours.

Si seulement…

Aujourd’hui, j’étais dans un mood agoraphobe. J’avais pas envie de voir des gens et ma face pouvait en témoigner largement pour moi. Enfin, avant que je ne me ressaisisse et ne leur montre mon super sourire de serveuse aimable, dynamique et disponible (idée reçue n° 1 : non, toutes les vendeuses ne sont pas pleines de joie et de bonheur à l’idée de vous servir. Mais elles font bien semblant). Vous avez remarqué que c’est dans ces moments, uniquement dans ces moments, que l’on ne voit que des gens qu’on voulait éviter ? Damned (j’avais pensé à bien d’autres exclamations avec plein d’étoiles à la place des lettres, mais on est sur un blog familial, à une heure de grande écoute, qui plus est, donc abstenons-nous !)

Alors, du coup, bref, c’est l’Interminable Défilé des Sapeurs de Moral :

1. Celui qui ne dit pas bonjour
Un classique. Il arrive en terrain conquis : à quoi bon être poli, puisque c’est lui qui paye. Non ? Plusieurs technique d’auto-défense possibles : (a) lui dire trois fois bonjour avant qu’il ne réagisse (attention : le choc peut être fatal lorsque le sujet se rendra compte qu’il a bien un être humain en face de lui, pas un bidule doté de parole) / (b) mettre du « oui, Monsieur » ou « oui, Madame » à toutes les sauces. Extrêmement méprisant, donc très jouissif. Mais aprfois trop subtil pour l’ennemi. / (c) l’ignorer. Demande une force de caractère hors du commun.

2. L’indécis
C’est le rush. Le monde arrête pas de rentrer. C’est le chaos dans la boutique et ton sourire figé est doucement en train de se fissurer quand la personne devant toi hésite depuis 10 minutes, comme si l’avenir entier de l’humanité en dépendait : « Mmm… Abricots ou framboises ? J’aime pas vraiment les framboises, mais les abricots me donnent des aigreurs d’estomac. Mmm… Abricots ? Oui, abricots ! …ou pommes ? » « Madame, votre tarte, vous la voulez dans une boîte ou au milieu du visage ? » Technique ? Attendre. Et surtout, ne pas fondre en larmes sous l’effet conjoint du stress et de l’exaspération.
NB : généralement, c’est la même personne qui, au moment de payer, vous dira : « oh, attendez, j’ai le change. Si, si, je vous assure… »

3. Le râleur
 » Oh mais il n’y a plus rien ! Vous n’avez que ça ?!  » –  » Mais non, monsieur, on ferme dans 10 minutes, mais on est en train de cuire 2 douzaines de croissants et on prépare 4 gâteaux en ce moment. Vous attendrez bien un instant ? »
 » Han, ça, c’est pas bon, et ça, c’est trop cuit, et ça, c’est sec, et ça c’est trop sucré, et ça… » – « Mais casse-toi, alors ! « 

4. Le grand train (cf. When Harry met Sally)
C’est celui qui prend un plat mais « un croissant à la place de la baguette, sans jambon, avec des concombres en supplément, pas de mie dans le pain et beurré, évidemment, le pain. Oh, et ddu sirop d’érable, à la place de la confiture. Et la vinaigrette, pour la salade, à part. Pour le café… » – « Non, pas de café, j’ai plus de place pour écrire ! « 

Pour le bien-être de tous, cette liste est évidemment incomplète. Mais j’envisage peut-être un jour d’en faire un blog complet.

S’il y a des clients qui me lisent (et je sais qu’il y en a…) : mais non, ça ne vous concerne pas ! Je vous aime, en vrai !
Mais y a des jours où on serait mieux chez soi, un verre de vin dans la main, bien calée dans le canapé, à tapoter sur son clavier, plutôt que servir de punchig-ball émotionnel à des individus dénués d’empathie et de compassion.

Il y a un criant sous-entendu, dans cet article : oui, oui, vous aussi, vous êtes des clients, parfois… :-)

Et pour finir sur une note positive : une chanson qu’on m’a fait découvrir ce soir et qui matche tellement bien avec tout ça !

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Pics in the City

Classé dans : Non classé — 6 avril, 2012 @ 5:02

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Ceux qui me connaissent bien savent que derrière cette face d’ange et cette personnalité apparemment somptueuse et parfaite, se cachent en réalité quelques défauts – non, le mot est trop fort ; disons plutôt des « failles attachantes » – qui font de moi l’être humain que je suis et non le symbole désincarné de l’absolue perfection que je pourrais être.
Aucun sarcasme dans ce paragraphe. Ravalez tout de suite vos sourires moqueurs.

Parmi ces rares, mais belles, fêlures qui me caractérisent, il en est une qu’il est essentiel de connaître avant d’envisager le moindre voyage avec moi. Par voyage, j’entends également une quelconque excursion d’une journée maximum. Ou même une simple promenade tranquille. Voire un petit resto entre amis. Parfois, simplement, se retrouver malencontreusement au même endroit que moi. Il suffit qu’il y ait dans les environs un appareil photo à ma disposition et ce moment de bonheur et de détente peut vite se transformer en un cauchemar inoubliable, dont la moindre parcelle de souvenirs se retrouvera à jamais visible sur votre réseau social bleu préféré.

Oui, je l’avoue à la face du monde, je n’ai peur de rien, je fais mon coming-out artistique : j’adore prendre des photos. C’est comme ça, c’est pas de ma faute. Attention ! Je n’ai pas dit que j’aimais faire de bonnes photos  : il se trouve juste que j’en fais tellement qu’il y en a toujours quelques unes de valables, ce qui est bien suffisant pour booster mon égo et…m’encourager pour la prochaine fois. Ca semble être des paroles en l’air, comme ça, non ? Très bien, allons dans le concret :  4 jours / 3000 photos. Ouais, hein ?

Mais ! J’ai des circonstances atténuantes. Evidemment. Plein. Enfin, 3.

a) C’était à New York ! New York ! Juste une Concrete Jungle Where Dreams Are Made Of /There’s Nothing You Can’t Do /Now You’re In New York /These Streets Will Make You Feel Brand New / The Lights Will Inspire You / Let’s Hear It For New York. On peut pas lutter contre la puissance de cette ville. Somptueuse. Magnifique. Virevoltante. Insaisissable. Mythique. Epuisante. A chaque pas, c’est un nouveau rappel, un nouveau souvenir. Car, oui, tout le monde est déjà allé à NYC. Tout le monde. Elle fait partie de notre inconscient collectif grâce aux centaines de films et d’épisodes de séries qu’on a vus et qui se déroulaient là. En fait, se promener dans ses avenues, en évitant les yellow cabs, c’est un peu comme rentrer chez soi : forcément, New York, on s’y sent bien, on la connaît déjà par coeur. L’idée générale est donc de la transporter partout avec soi. Pour ce faire, une seule solution : prendre en photo ses moindres recoins, du plus petit interstice dans la route au building le plus imposant, les mettre ensuite bout à bout et la recréer en 3 dimensions. Simple et efficace.

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b) J’ai voyagé avec une amie d’une généreuse inconscience : elle disposait du Graal. Enfin, d’un des Graal. En réalité, tout appareil d’une qualité hautement supérieure à celui que je possède est un Graal (oui, en gros, je joue perpétuellement à Arthur et à ses chevaliers de la Table Ronde, en interprétant alternativement Perceval, Lancelot, Merlin, ou the King himself, suivant mon humeur du moment. Vous êtes perdus ? Révisez vos classiques !). Bien sûr, une fois en main, je ne l’ai plus lâché, j’ai mitraillé : les bâtiments, Hélène, les rues, les taxis, Hélène, les écureuils, encore les bâtiments, toujours Hélène. Ca fait des souvenirs pas chers.

c) C’est de votre faute.  Ben oui. Depuis la Lointaine Belgique, vous vous plaignez constamment de ne pas avoir suffisamment d’images de mons séjour ici. Je fais ce que je peux, mais vous comprenez bien que je suis full busy. Entre traîner sur le canapé et faire mes lessives, vous devez vous rendre compte que j’ai des choses bien plus importantes à faire de mon temps libre que de vous transmettre des photos. Là, je me suis dit : « NY, babe (oui, dans le dedans de moi-même, je me parle ainsi). Be nice, prends des photos, ils seront so happy« . Alors, n’écoutant que mon coeur généreux, j’ai cédé, bien malgré moi, à votre oppressante pression (mais non, pas du tout, ça ne contredit en rien ce que j’ai dit plus haut…).

Et comme je ne recule devant rien, vous avez même droit à un album desdites photos. Rassurez-vous ! Pas tout ! Une microscopique sélection. OK, évidemment, j’ai repris certaines de l’album Facebook. Mais… Y a quand même des nouvelles. Je vous gâte trop, vous allez en prendre l’habitude et être encore plus invivables…
(Mmmm… Je viens de m’apercevoir que leur technique d’album n’est pas très au point et que la plupart des photos sont coupées. Du coup, je les ai ajoutées sur Facebook aussi. Désolée pour ceux qui n’y sont pas inscrits !)

NYC
Album : NYC
C'était à New-York. C'était en janvier. C'est juste un échantillon...
24 images
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[Est-ce que cet article est narcissique ? Certes oui ! J’ai arrêté de compter les « moi » et les « je » après le 53e. Mais ça tombe bien, c’est mon blog. Et ça n’est qu’une adorable faille supplémentaire à ajouter à mon caractère, par ailleurs fabuleux et délicieux.]

[Oh, et, Hélène ! Merci de nous avoir supportées, moi et ma folie picturale !]

 

De l’importance d’être unique

Classé dans : Non classé — 29 mars, 2012 @ 6:28

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Dans la vie, c’est important de se différencier des autres. (Oui, j’ai décidé de reprendre ce blog par une phrase philosophique.)

On aimerait nous faire croire que nous ne sommes que des moutons, mais c’est faux. Enfin, soyons honnêtes : la bestiole à 4 pattes dans un champ avec un manteau de laine sur le dos et qui ne fait que bêler toute la journée, oui, clairement, c’est un mouton, quelle que soit sa volonté intérieure de se démarquer des autres. C’est comme ça, on vit dans un monde imparfait. Donc, nous, humains, deux jambes, deux bras, deux oreilles, deux yeux, un cerveau, tentons perpétuellement de lutter contre cette humiliante métaphore (s’il y a des moutons qui me lisent, qu’ils ne le prennent pas pour eux : le fait même que vous lisiez ces lignes prouve que vous êtes moins mouton que vous ne devriez. Ce qui, en soit, est quelque peu inquiétant, en y pensant bien…).

Certains y arrivent moins bien que d’autres (à se démarquer, pour ceux qui ne suivraient pas le fil conducteur de l’article, en raison d’un abus flagrant de parenthèses de la part de l’auteure).
Les rédacteurs de statuts Facebook météorologiques, par exemple : Marc, Julie, Antoine, Philippe, Elodie, Marie, Constance, et 164 de vos amis ont écrit : Ah, non, encore de la pluie, vivement le soleil ! (Bien sûr, la majorité de mes amis sont Belges.)
Ou les fans du dernier groupe à la mode : Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah, crient en choeur les 98 564 fans de One Direction qui les attendent devant leur hôtel.
Ou encore les gens qui photographient tous les écureuils qu’ils croisent, partout, dans toutes les situations (exception faite de la fois où ledit animal se nourrissait goulûment d’une apétissante couche-culotte usagée). Mais quelle plaie, quand en plus ils les partagent sur les réseaux sociaux…

Mais parfois, il suffit d’un détail. Un hobby étrange (faire des origamis avec des timbres postes ; connaître tout ce qu’il faut savoir sur des sujets aussi essentiels que la pêche du poisson-chat albinos, la fabrication des bâteaux-mouches ou l’évolution socio-économique de la République Démocratique de Ploutasie du Nord ; trouver des cartes à jouer dans la rue ; découper des mots dans des journaux ; etc.). Une expression langagière récurrente (« alors, du coup », « en fait », « wesh, bien ou bien ? », « rho putain la vaaaaaaaaaaaaaaaaaaache » ; etc.). Des goûts musicaux inhabituels (préférer Raphaël à Vincent Delerm, se pâmer sur toutes les chansons de Céline Dion ou ne remplir sa musicothèque qu’avec des comptines accessibles aux 5 ans et moins).

Ou un chapeau.

Un chapeau, ça suffit, parfois. Pourvu qu’il soit bien choisi. Qu’il attire suffisamment l’attention sans pour autant être ostentatoire. S’il fait bien à la personne, ça lui donnera tout de suite un plus dans son allure, son attitude. Yep, je deviens blogueuse mode.
Et, évidemment, ça permet de se différencier. De mettre en avant son côté « je ne suis pas comme tout le monde, j’ose porter un chapeau ». Tu deviens quelqu’un qui a eu le courage de faire le pas. Tu t’es assumé envers et contre tous. T’es un warrior. Tes amis t’admirent, te lancent des fleurs jaunes (mais en évitant de toucher le Chapeau, on ne sait jamais, ça a des pouvoirs, ce truc). Tu sens dans leurs yeux une lueur d’envie. Tu capotes, tu surkiffes grave, t’es au sommet.  Si t’avais un bateau, là, tout de suite, tu t’accrocherais à la proue et hurlerais au monde que t’es « the king/queen of the world ».

Du coup, tu deviens un modèle pour tes amis. Et là, c’est le drame : car qui dit modèle, dit imitation. Et c’est parti pour une virée « magasinage de chapeaux ». Récapitulons : tu ne veux pas être un mouton => tu veux te différencier par un petit détail, discret, mais qui marque la différence => tu fais l’acquisition d’un chapeau => tu es admiré => tes amis portent désormais un chapeau.

Etre unique à trois, est-ce « être unique » ?
Je ramasse les copies dans 3 heures.

Oh, et, le but de l’article ? J’ai un chapeau ! Mais pour le coup, c’est moi le mouton !

Il était une fois…

Classé dans : Non classé — 4 décembre, 2011 @ 11:56

Disney Trash - Loaiza Ontiveros

Quand on part à l’étranger, particulièrement pour une longue durée, on ne sait jamais ce qui va se passer. Va-t-on rentrer au bout d’une semaine, submergé par le mal du pays ? Va-t-on trouver le boulot de ses rêves, brusquement à portée de notre main, but inatteignable jusqu’à présent ? Va-t-on se réveiller à soi-même et donc au monde, se transformer totalement, être autre pour n’être que nous-même ? Va-t-on, simplement, trouver l’amour, ou, à tout le moins, une personne suffisamment intéressante, drôle, intelligente, tendre, spirituelle, physiquement non négligeable et…disponible ? Pourquoi pas ? Oui, absolument : les contes de fée, ça existe !

D’ailleurs, puisque je vous sens quelque peu incrédules, je vais vous en donner, moi, du conte de fée ! Et pour le coup, en glissant un tantinet dans la mièvrerie, on peut même mettre un « s » à « fée »…

Normalement, pour faire bien les choses, il faudrait une belle princesse, un courageux prince charmant, une vilaine belle-mère et un vieux grincheux à la barbe grise doté de pouvoir magiques. Bon, là, on va faire avec les moyens du bord : deux jolies jeunes filles, une monstrueuse distance de 5000 km et un ordinateur aux possibilités infinies. Non, parce que, les Disney, ils sont bien gentils, mais faut se mettre aussi un peu au goût du jour !

Alors. Il était une fois Blondinette Number One qui avait quitté les landes bretonnes, certes belles, chaleureuses et alcoliquement attractives, mais dépourvues des caribous, feuilles d’érables et accent délicieusement québécois qu’elle comptait bien trouver dans son nouveau chez-elle montréalais. Blondinette, elle n’est plus toute jeune ; la vie, elle la connaît, c’est bon, maintenant, y a du vécu ! Donc la Princesse Charmante, les papillons devant les yeux et les paillettes autour de la tête, tout ça, tout ça, elle n’y croit plus, elle est blasée, elle est prête à finir ses jours dans un rocking chair, un pot de nutella dans la main, et le Guide du tricot facile dans l’autre, avec pour compagnie un lémurien qu’elle aura apprivoisé à l’aide d’Oréos trempés dans du lait. Oui, c’est exactement comme ça qu’elle le voyait, son avenir.

Et puis, dans un ultime sursaut d’espoir (ou de désespoir, va savoir (ça c’est rare, de faire des rimes en « ar » sans le vouloir ; ça marche avec canard et patinoire ; on arrête pour ce soir ?)), elle s’est dit que non. Elle avait bien quelques rides et le début de cheveux blancs, mais est-ce vraiment une raison pour se laisser devenir aigrie ? Absolument pas ! Hors de question ! Vu que les bals musettes ne sont plus vraiment d’actualité, pourquoi ne pas se la jouer princesse moderne et opter pour les mystérieux charmes de l’insondable rencontre on-line ? Allez, une dernière fois pour la route avant d’écumer les antiquaires dans une quête effrénée du rocking-chair parfait (confortable, au balancement facile et sans-grincement-horripilant-s’il-vous-plaît-merci).

Et là, la magie. Le miracle de la vie. L’inattendu. L’inespéré. [OK, je reviens, je vais chercher mon dictionnaire de synonymes. Non, pas besoin ? Bon...] D’un coup, d’un seul, grâce à la beauté incroyable de la nouvelle technologie : discussion instantanée avec une belle étrangère (Blondinette Number Two, pour ceux qui ne suivent pas, et qui ne savent pas compter jusqu’à deux en anglais), qui ne le sera plus pour très longtemps (on s’entend : étrangère, évidemment. Belle, on croise les doigts pour que ça continue). Et vous voulez le plus beau ? Elle aussi, c’est dans les landes bretonnes qu’elle chante des chansons aux petits oiseaux pendant qu’une armée de nains lui fait sa bouffe son linge et son repassage (oui, c’est un Disney moderne : les femmes au pouvoir !).

Ce que ça a donné ? Des heures de discussion, des tonnes d’espoir, des mannes de cris de joie, et des sourires réjouis à perte de vue.
Ce que ça va donner ? Le mieux, c’est encore d’attendre la fin du conte. La conclusion y est toujours belle.

Jamais !

Classé dans : Non classé — 11 novembre, 2011 @ 10:21

C’est surprenant, Montréal. A chaque coin de rue, l’étonnement peut être au rendez-vous. A tel point que c’est même étonnant quand il n’y a rien d’étonnant. Oui. Les gens, le paysage, un magasin particulier, une expo inattendue, n’importe quoi. Et ça, c’est vraiment bien. C’est le propre d’une ville, qui plus est une capitale, je suppose, mais moi je suis à Montréal, je vais pas commencer à vous parler de Djibouti, vous voyez.

J’aime les surprises. C’est une des choses qui m’éclate le plus au monde. Mais comme je m’attends toujours à des surprises, soit je les devine d’avance ce qui ruine totalement le principe de base de la suprise ; soit je suis surprise de ne pas avoir droit à une surprise. Je le disais avec justesse à un collègue tout à l’heure : ma vie est triste et pathétique (et, pour me rebooster un coup, Céline Dion chante dans mes oreilles, en ce moment précis : « on ne change pas » (True story.) Ben merci, ça motive dis donc !). Par contre, ce que j’aime, ce sont les belles suprises. Celles qui font pousser des cris de joie. Celles qui voient naître des sourires radieux sur toutes les lèvres. Celles dont on se souvient pendant longtemps avec un incroyable bonheur. Celles-là. Juste celles-là.

Pourtant, parfois, la vie se moque de nous et nous prend à revers. La surprise est là, bien présente, indubitable, mais tellement, tellement décevante. C’est là que commence le sujet même de cet article, pour ceux qui en avaient marre de me voir tourner autor du pot : c’est bon, vous pouvez de nouveau être attentifs !

La province de Québec est surnommée, je suppose que vous le savez (sinon, faites comme si), la « Belle Province ». Alors, quand une chaîne de restos porte ce nom, ça ne peut qu’être un signe positif. Sérieusement, qui en douterait ? Des gens moins crédules que moi ? Heu, oui, sûrement…

Evidemment, ce n’est pas de la haute gastronomie au menu (c’est donc ce qui m’y a attirée) : hot-dogs, poutines, hamburgers, sandwichs à la viande fumée, etc. Très gras, peu cher : quoi de mieux ? On ne se méfie jamais assez, c’est là la leçon à retenir.

C’est par un jour a priori sans histoire que je franchis les portes d’une des succursales de cette franchise qui pullulent dans la ville. A ce moment, je ne me doutais pas encore de comment allait être chamboulée ma vie, seulement quinze minutes plus tard. C’est certain : il y a l’ère pré- et l’ère post-Belle Province. Comme de bien entendu, j’ai commandé un hot-dog, telle une pseudo-Montréalaise ; comme de bien entendu, j’ai commandé de la mayonnaise avec mes frites, telle une vraie Belge démasquée. Le calvaire débute ici.

Non, en fait, si j’y réfléchis bien, c’est quelques minutes plus tôt que j’aurais dû me douter de quelque chose : quand j’ai remarqué les taches parsemant le sol, la graisse sur le comptoir et cette atmosphère de vieux qui peut donner un charme typique à un endroit où lui conférer, au contraire, comme ici, un air sâle et peu engageant.
J’exagère. Peut-être. Peut-être pas.

Mais la faim me taraudait et je ne parvenais à me concentrer que sur l’odeur apétissante, malgré tout, qui se dégageait des fourneaux et me promettait une portion à pas moins de 1000 calories par bouchée. J’en salivais d’avance. Quand arriva mon plateau, rien ne me choqua a priori. C’est après avoir mordu dans mon hot-dog que je me suis interrogée sur le bien-fondé de prendre un repas, ce repas, dans cet endroit spécifique. En soi, le hot-dog n’était pas si pire, s’il n’avait pas été recouvert d’une couche épaisse de chou et d’oignons ayant macéré trop longtemps dans…on ne sait pas trop bien quoi, et on ne veut pas le savoir.
Irrécupérable optimiste, je décidai de me rabattre sur les frites. A coup sûr, elles allaient sauver ce repas ! Je ris encore de mon incroyables naïveté. Je n’arrive pas à déterminer combien de fois elles ont été plongées dans l’huile pour obtenir cette texture à la fois flasque de trop de graisse et sèche par l’abus de cuisson. Un mystère. Les plonger dans la mayonnaise pour en cacher le goût fut ma dernière erreur, mais non la moindre : était-ce sucré ? ou bien âcre ? ou bien un subtil mélange des deux ? J’ai préféré éviter d’en prendre une seconde bouchée et ne pourrai donc, malheureusement, vous éclairer sur ce point délicat. Mes excuses.

Est-il besoin de vous dire que ce sera là mon dernier repas dans cet antre infernal de la gastronomie québécoise ?

Oh, bien sûr, pour les besoins de cet article, j’ai noirci quelque peu le tableau. En réalité, le Pepsi était très bon.

Montréal est une gigantesque feuille d’érable

Classé dans : Non classé — 9 novembre, 2011 @ 10:57

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L’automne à Montréal… Vous voyez, dans les livres d’enfants, quand l’auteur veut expliquer les quatre saisons ? L’hiver a ses tas de neige, le printemps, ses bourgeons ; l’été, son soleil éclatant et l’automne, ses couleurs chaudes et ses feuilles tombantes. Montréal, c’est un livre d’enfants grandeur nature : les quatre saisons se succèdent avec précision et apportent avec elles leur pack complet !

Les érables sont plus qu’un cliché : ici, c’est une réalité à laquelle on se retrouve confrontés à chaque pas. Ils bordent les trottoirs d’à peu près toutes les rues et sont incontournables dans les parcs. Leur feuillage change de couleur et le vert estival cède progressivement la place au rouge, au jaune, à l’orange. Parfois, toute une rue est dorée. Parfois, on a droit à un échantillon complet des tons possibles. J’ai beau faire, je ne peux m’en empêcher : je regarde en l’air à chaque pas avec un sourir émerveillé aux lèvres !

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Et bien sûr : les écureuils ! Je pense que je peux rester ici pendant des années, je continuerai à m’extasier dès que j’en verrai un. En ce moment, ils font des abris : ils descendent des arbres, plongent à pleines pattes dans le tapis de feuilles, en mettent autant qu’ils peuvent dans leur bouche, jettent un coup d’oeil furtif aux passants qui les observent et remontent aussi sec dans les arbres, leur butin aux lèvres, aussi haut qu’ils le peuvent, pour l’ajouter à tout ce qu’ils ont déjà accumulé et en faire une sorte de nid. Et ils redescendent, pour recommencer de plus belle. Moi aussi, je veux être un écureuil.

En automne, aussi, c’est presque Noël. Alors, tout le monde en parle. C’est dans l’air. On attend. On y pense déjà, mais sans trop s’en préoccuper. De toute manière, pas le choix, c’est omniprésent : les citrouilles d’Halloween ne sont pas encore toutes rentrées que les boules, guirlandes et Père Noël ont déjà fait leur apparition dans les magasins. Ca deviendra plus réel à la première chute de neige, qui semble prendre bien son temps cette année.

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Ah, tiens, un point négatif de l’automne à Montréal, quand même : les lacs. Ils sont vides. Tous. Quel bonheur indescriptible de se promener dans un parc, avec pour vue la surface lisse du béton recouverte d’algues en décomposition (mais, bien sûr, il suffit de tourner la tête pour voir une feuille d’érable orangée se détacher doucement de sa branche et en être évidemment fasciné (je suis une fille facile à contenter)) ! Evidemment, ce n’est pas pour le simple plaisir des yeux de touristes en perdition qu’ils assèchent tout ça : en hiver, il y a de la neige, ici. Beaucoup, beaucoup. Vous le saviez ? Donc, pour éviter des débordements, vider est la seule solution. De toute manière, ce qui est pour l’instant un désagrément va rapidement se transformer en un réel plaisir : les lacs vont devenir des patinoires sur lesquelles nous pourrons grâcieusement nous mouvoir, tels des cygnes borgnes adeptes de la vodka à toute heure. Si, exactement comme ça.

L’automne a un petit côté nostalgique, quand même. Je pourrais m’allonger sur le canapé délicieusement confortable de cet appartement avec lequel je suis tombée en amour et vous trouver à cela des raisons multiples, quelconques et hautement psychanalytiques : le retour aux plaisirs simples de l’enfance qui se rappellent à nous en shootant dans les feuilles, les herbiers que l’on devait réaliser à chaque année, les feuilles qui se laissent glisser des arbres tels les ans qui glissent des branches de la vie (ça ne veut rien dire et c’est extrêmement pompeux, mais supprimer cette phrase en appuyant sans émotion sur « delete » serait, je pense, de la plus intense vulgarité. N’est-il pas ?), bref, tout ça.
Mais en fait, ça fait juste 4 mois que je suis là, et vous me manquez.

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